Mission d’échantillonnage dans le Golfe de Gascogne

Du 17 octobre au 6 novembre 2025, l’équipe Ifremer d’ATLASea s’est jointe à la campagne EVHOE (EValuation des ressources Halieutiques de l’Ouest de l’Europe)

La campagne EVHOE, conduite chaque année par l’Ifremer pendant 46 jours, récolte des données contribuant à l’évaluation des stocks des principales espèces démersales (vivant et se nourrissant proche du fond comme le merlu, l’églefin ou la cardine) exploitées par la pêche, dans le Golfe de Gascogne et en Mer Celtique.

Elle réalise aussi différentes observations pour mieux connaître l’environnement marin dans cette zone : l’eau (température, salinité et autres paramètres physico-chimiques), la profondeur et le type de fond marin, la présence de déchets, ainsi que d’autres formes de vie comme les communautés benthiques (les plantes et animaux du fond), le plancton, les oiseaux et les mammifères marins.

Cette année, le Thalassa, navire de la flotte océanographique française mobilisé pour cette campagne, a accueilli à son bord l’équipe Ifremer d’ATLASea pendant les 21 premiers jours, de Brest jusqu’au Pays Basque et du talus continental jusqu’aux eaux littorales.

L’équipe était composée de Bruno Ernande, coordinateur du projet DIVE-Sea pour l’Ifremer et chercheur del’UMR MARBEC, Luisa Métral, technicienne Ifremer de l’UMR MARBEC et Valentin Duda-Jouan, stagiaire de L’ENS Lyon au sein de l’UMR DECOD.

Les zones couvertes par ATLASea correspondent aux zones orangée et beige du Golfe de Gascogne avec les coups de chalut de fond indiqués par les points commençant par Gn et Gs. Les coups de chalut mésopélagiques correspondent aux étoiles rouges dénotées CHP.

© Ifremer-Système d’Informations Halieutiques

Bruno Ernande, Luisa Métral et Valentin Duda-Jouan à bord du Thalassa 

© Bruno Ernande

Au total, 61 espèces de poissons et céphalopodes ont pu être récoltées pour ATLASea, dont 44 du plateau continental et 17 mésopélagiques. Ces dernières sont des espèces rarement échantillonnées car très profondes : 600 à 800m de profondeur contre 0 à 200m pour les espèces du plateau.

Une langouste rouge européenne (Palinuruselephas), un chinchard commun (le plus petit des deux poissons, Trachurustrachurus), un merlu (le plus grand des deux poissons, Merlucciusmerluccius).

© Bruno Ernande

Todadoressagittatus : malgré une prise régulière par la pêche commerciale et scientifique, la biologie et l’écologie de ce céphalopode restent encore mal caractérisées. Sa capture permet de contribuer à l’amélioration des connaissances disponibles sur l’espèce.

© ATLASea photo team

Evermannella balbo : la structure tubulaire des yeux de cette espèce mésopélagique permet de maximiser leur sensibilité à la lumière, au prix d’un champ de vision relativement restreint. La faune profonde est une composante importante de la biodiversité marine mais est mal connue du fait de sa difficulté d’observation.

© ATLASea photo team

Etmopterusspinax (Sagre commun) : la production de lumière par les photophores situés sur la face ventrale de ce requin bathydemersal lui sert de contre-illumination. Sa silhouette est alors difficilement visible aux organismes vivant sur le fond.

© ATLASea photo team

Sarda sarda (Bonite à dos rayé) : espèce pélagique de l’Atlantique et de la Méditerranée, très prisée en pêche sportive. Ces poissons effectuent des migrations saisonnières liées à l’alimentation et à la reproduction.

© ATLASea photo team

Macroramphosus scolopax (Bécasse de mer) : l’organisation anatomique de sa mâchoire lui permet de capturer ses proies par des mouvements extrêmement rapides, de l’ordre de 2 ms. Des mécanismes analogues existent chez ses cousins les hippocampes et autres syngnathes.

© ATLASea photo team

Lophius budegassa (Baudroie rousse) : un leurre placé à l’avant du corps permet à ce prédateur benthique d’attirer ses proies vers sa bouche. Son camouflage élaboré lui permet de rester invisible sur le fond.

© ATLASea photo team

Dasyatis pastinaca (Raie pastenague) : espèce emblématique des côtes Atlantiques et Méditerranéennes françaises. Elle est ovovivipare : après 4 mois de gestation, la femelle donne naissance à plusieurs petits déjà libres.

© ATLASea photo team

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