Mission d’échantillonnage à Roscoff

Du 30 mars au 10 avril 2026, ATLASea a mené une nouvelle campagne d’échantillonnage à la Station Biologique de Roscoff.

Ce printemps 2026, les équipes du programme ATLASea ont mené une nouvelle campagne d’échantillonnage en Bretagne, cette fois-ci au sein de la Station Biologique de Roscoff. Cette opération a mobilisé plus de 110 participants au total, avec en moyenne 80 personnes présentes quotidiennement sur le terrain. Ceci représente un effort remarquable ; les plongeurs, en particulier, ont assuré les collectes malgré des conditions peu favorables.

Une mission généraliste, avec un accent sur la méiofaune, les bryozoaires, les plathelminthes et les algues

La baie de Roscoff est constituée d’une mosaïque d’habitats différents, ce qui explique la grande diversité d’espèces qu’on peut y trouver. Cette campagne généraliste a cependant mis un accent particulier sur plusieurs groupes d’espèces : la méiofaune (des animaux microscopiques des fonds marins mesurant entre 0,1 et 1 mm), les algues, les bryozoaires, les plathelminthes libres et parasites. Au total, 620 espèces ont été collectées dans 64 habitats différents, dont 357 espèces nouvelles pour ATLASea.

Les principaux groupes collectés restent les mollusques, les annélides et les arthropodes . Un effort spécifique a toutefois porté sur des organismes emblématiques de la méiofaune, comme les tardigrades ou les kinorhynques. Malgré leur taille infime, ces espèces encore largement sous-étudiées représentent une large part de la diversité animale benthique. la participation de taxonomistes spécialistes de ces groupes a permis d’assurer la collecte, de nombreux bryozoaires, plathelminthes libres et parasites, et des macro-algues (algues rouges, vertes et brunes).

Mais cette mission n’a pas été de tout repos ! Dans la salle de tri, la dextérité était de mise : chaque lot de sédiment récolté le matin, que ce soit par benne ou par drague, pouvait contenir une espèce d’intérêt, parfois très fragile. Les algues devaient également être soigneusement débarrassées de leurs symbiontes, par un nettoyage long et minutieux, une étape discrète, mais essentielle pour le bon déroulement des analyses ultérieures.

Séquencer des espèces marines minuscules : un défi de taille à surmonter

Arrivés au Genoscope, les échantillons vont mettre à rude épreuve l’équipe SEQ-Sea. Par exemple, la taille infime des espèces de la méiofaune signifie avant tout une quantité d’ADN extrêmement limitée, souvent insuffisante pour les protocoles standards, à quoi s’ajoute un risque élevé de contamination par l’ADN d’autres organismes présents dans leur environnement. 

Face à ces contraintes, les chercheurs adaptent leurs stratégies en développant des approches capables d’utiliser de très faibles quantités de matériel génétique, dites low-input. Ces protocoles reposent généralement sur des étapes d’amplification de l’ADN afin de générer une quantité suffisante de matériel pour le séquençage

Des artistes pour suivre cette belle aventure

ATLASea accueille régulièrement des journalistes et des artistes venus documenter les missions d’échantillonnage. Cette campagne à Roscoff a notamment été marquée par la présence de la photographe Laura Person et l’illustratrice Diane Chauchon.

Déjà présente lors de la campagne d’Endoume à Marseille, Laura Person a poursuivi son travail autour de sa série photographique Les Invisibles, en réalisant de nouveaux clichés au cours de cette mission. Son exposition sera présentée durant le Festival international « Les Rencontres de la photographie d’Arles », tout au long du mois de juillet. Au-delà de son travail artistique, la photographe s’est également engagée comme bénévole, en appui au pôle photographie coordonné par Mélanie Van Weddingen, ainsi qu’aux opérations de tri.

De son côté, Diane Chauchon s’est immergée au sein des différentes équipes afin de retracer, à travers ses illustrations, les multiples étapes du projet ciblé DIVE-Sea.

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