Du 1er au 5 juin 2026, une trentaine de participants ont pris part, à la station Ifremer de Sète, à une campagne de collecte de spécimens à l’étang de Thau.
L’étang de Thau est une lagune côtière semi-fermée, reliée à la Méditerranée par des canaux. Soumis à de fortes variations de salinité et de température, ce milieu hybride entre mer et lagune abrite une biodiversité remarquable. Mais le changement climatique entraîne une hausse progressive de la température de ses eaux qui, combinée avec l’activité conchylicole, favorise l’installation de certaines espèces non indigènes et accroît le risque de déséquilibre écologique dans cet écosystème si particulier.
C’est dans ce contexte qu’ATLASea s’est installé, du 1er au 5 juin 2026, à la station marine Ifremer de Sète pour une semaine d’échantillonnage. Une trentaine de participants, aux compétences taxonomiques variées, se sont mobilisées pour partir à la recherche des espèces qui peuplent la lagune, avec une attention particulière portée aux algues et aux espèces non indigènes. Une semaine bien remplie, au terme de laquelle 149 espèces ont été récoltées, parmi lesquelles une grande diversité d’algues rouges (Rhodophyta), de tuniciers (Tunicata) et de plantes vasculaires (Tracheophyta).
Le premier objectif de la mission était de mieux documenter les algues de l’Étang de Thau. Pari réussi : 44 nouvelles espèces ont rejoint les collections d’ATLASea, dont au moins une dizaine sont considérées comme non indigènes. En ajoutant les plantes vasculaires, ce sont plus de 60 espèces végétales qui ont été échantillonnées. Parmi elles, deux espèces, Zostera marina et Ruppia cirrhosa, forment de véritables prairies sous-marines. Ces herbiers constituent des habitats essentiels pour de nombreuses espèces et jouent un rôle écologique majeur dans la lagune.
Mais certaines espèces animales étaient également très attendues. C’était notamment le cas de Syngnathus aff. typhle, un poisson encore non décrit de la famille des syngnathes (Syngnathidae). Sa recherche a mobilisé les équipes de terrain et les connaissances précieuses des naturalistes locaux, notamment Frédéric André. Pour parvenir à le capturer, les équipes ont dû braver les anémones des posidonies. Légèrement urticante, mais mieux vaut tout de même éviter de trop s’y frotter ! Comme le raconte Benjamin Girard, chef de projet DIVE-Sea : « Quand on se frotte dessus pendant une heure ou deux, on a quand même l’impression de s’être jeté dans un champ d’orties ! »
La semaine a aussi réservé quelques surprises. Dans les derniers jours de la mission, un bloom de la méduse Aurelia coerulea est apparu dans la lagune. Cette espèce, qui fait partie des quelques méduses non urticantes, était alors présente en nombre, ce qui a permis de collecter de nombreux spécimens. Toutes les recherches n’ont cependant pas donné les résultats espérés. Les nudibranches, notamment, se sont montrés particulièrement discrets malgré un important travail préparatoire pour identifier les espèces susceptibles d’être présentes et leurs zones de localisation. Une difficulté qui fait aussi partie du travail de terrain.
Au-delà des espèces collectées, cette mission a surtout été une aventure collective. La station Ifremer de Sète a joué un rôle déterminant dans sa réussite, en accueillant les équipes et en adaptant son fonctionnement pour permettre le bon déroulement de la campagne. Les équipes de la station se sont fortement mobilisées aux côtés d’ATLASea, en mettant à disposition leurs infrastructures, leur temps et leurs connaissances du site.














